La pire journée de ma grossesse

Jeudi, j’ai passé la pire matinée de ma fin de grossesse.
Sur le plan physique tout va toujours bien, ne vous inquiétez pas.

Par contre, j’ai eu rendez-vous avec la sage-femme pour le cours sur « comment on accouche ? ». Jusque là, je l’aimais bien, elle me disait des choses qui me plaisaient bien et on était plutôt d’accord sur la façon dont je veux que ça se passe.

Et puis aujourd’hui, j’ai eu droit au concentré de tout ce que je ne veux pas pour ce jour là … « Pour l’expulsion (rien que le mot donne envie), il faut absolument être allongée sur le dos en position gynécologique, les pieds dans les étriers, c’est plus confortable pour la sage-femme, elle peut voir ce qu’il se passe« . Et c’est bien ça mon problème …. Déjà qu’adopter cette position une fois par an me rebute au plus haut point tellement je la trouve avilissante, humiliante et inutile …
Mais là, on est en plus dans la contrariété au plus élémentaire des principes de la physique … Il faut pousser en étant allongée pour quelque chose qui pourrait sortir presque tout seul en position verticale. Ce que la sage-femme nous a bien expliqué, si on demande à une femme d’accoucher seule, sans intervention, elle se placera naturellement à la verticale, parce que c’est logique et que ça facilite les choses.
Alors POURQUOI, mais POURQUOI on veut absolument nous faire accoucher sur le dos ????
Elle a bien vu que je me suis décomposée pendant l’heure qui a suivi, bouillant intérieurement, mon estomac au bord des lèvres tellement ce n’est pas ce que je veux …

Le jour de l’accouchement, je veux être accompagnée, écoutée, je ne veux pas avoir à me battre contre le personnel médical parce que je préfère adopter une position qui me convient (et à mon bébé aussi) plutôt qu’une qui convient au personnel médical. Cela s’entend bien évidemment dans le cas où tout se passe bien. Si à un moment quelque chose va moins bien et qu’il y a besoin d’un acte médical (épisiotomie, utilisation de ventouse ou de spatules), je m’y plierai, le plus important c’est que tout se passe au mieux.

Je me fais confiance. Je veux qu’on me fasse confiance.

LA SOLITUDE MEDICALE PENDANT LA GROSSESSE

C’est le meilleur titre que j’ai trouvé pour cet article. Il n’est pas très clair mais je vais essayer de vous expliquer.

Je travaille le lundi et le mardi. Hier aurait pu être mon dernier jour de travail avant mon congés maternité. J’ai décidé de le décaler de 15 jours, je suis en pleine forme, j’ai encore des choses à terminer avant de partir sereine et je sais que je m’ennuierai rapidement à la maison à baver derrière ma fenêtre à voir le beau temps toulousain dont je ne peux pas profiter pleinement (= randonnée de plusieurs heures, ballade en vélo le long du Canal du midi, ballade en rollers autour du lac de la Ramée). Hier après-midi, j’ai quand même décidé de regarder sur le site internet de la Sécurité sociale s’il y a des démarches particulières à faire pour cela. Il y en a une : avoir un avis favorable de son obstétricien (ou sage-femme), que bien sur je n’ai pas encore.

Finalement, c’est toute ma grossesse qui a été semée de ces oublis, de ce manque d’informations :

  • On ne m’a jamais demandé quel était mon style de vie, mes habitudes : on ne m’a jamais dit que les huiles essentielles ne devaient pas être utilisées pendant la grossesse, on m’a conseillé de ne pas boire et d’arrêter de fumer alors que je ne bois jamais d’alcool et que je ne fume pas, on m’a dit de ne plus manger de fromage au lait cru et de bien faire cuire ma viande sans jamais m’expliquer pourquoi.
  • Je ne suis pas immunisé contre la toxoplasmose : on m’a recommandé d’abandonner mon chat, de ne pas m’occuper de lui, de ne pas le caresser (mais oui bien sur) alors que la toxoplasmose se transmet par les urines du chat (et du renard aussi) et non pas par la salive. J’ai donc demandé avis à mon vétérinaire : je ne dois pas m’occuper de la litière du chat et me laver régulièrement les mains, c’est tout. Et ce d’autant que mon chat n’est jamais en extérieur (seulement sur montre terrasse mais pas en contact avec d’autres chats). Il faut aussi bien laver les légumes (ce que je fais toujours) avec de l’eau et du vinaigre et me laver soigneusement les mains après contact avec de la terre (quand j’épluche des légumes ou fais du jardinage). Et surtout, on ne m’a jamais expliqué pourquoi la toxoplasmose est dangereuse pour mon bébé et qu’est ce qui peut être mis en place si jamais je l’attrape.
  • Ma grossesse se passe bien, mais on ne m’a jamais demandé si j’allais bien. Psychologiquement je veux dire. C’est un grand bouleversement, mais on m’a jamais rien demandé, ni lassé de temps pour en parler. 10 minutes dans le cabinet de l’obstétricien « Entrez, déshabillez-vous, posez vos pieds dans les étriers ». Prise de la tension, mesure de l’utérus, vérification du col, un petit tour sur la balance et « merci au revoir ». Je n’imagine pas la détresse dans laquelle doivent se trouver les mamans plus anxieuses …
  • Je me suis fait « engueuler » lors de mon dernier rendez-vous parce que je n’ai pas fait le test au glucose. Et quand je lui ai répondu qu’il n’était pas marqué sur mon ordonnance, j’ai eu droit à un magique « fallait me le rappeler », comme si c’était à moi de lui demander un examen non obligatoire et que je n’avais pas vraiment envie de faire. Cette fois-ci elle l’a marqué sur mon ordonnance, mais quand j’ai posé la question de l’opportunité de faire cet examen au laboratoire, la gentille secrétaire m’a dit (avec un regard un peu désespéré, ou désabusé) « vous savez, faire ce test au cours du 8ème mois, je trouve ça plutôt dangereux, c’est le bébé qui va prendre tout cet afflux de sucre ». De quoi me motiver à ne pas faire le test en question.
  • Et donc dernièrement, ce fameux avis de l’obstétricien pour mon congés maternité. Je trouve ça complètement fou qu’on ne nous en parle pas. On voit un obstétricien tous les mois. Il nous voit évoluer dans la grossesse, sait ce qui va ou ne va pas médicalement parlant. Il pourrait nous dire que c’est possible de décaler le début de son congés, qu’il faut son accord pour ça, que c’est juste un papier à signer.

J’ai la chance de n’avoir à aller chez mon médecin qu’une fois par an pour les certificats médicaux pour du sport (et j’espère que ça durera longtemps), je n’y connais pas grand chose dans le domaine médical, mais la grossesse (surtout la première) est une période particulière et je pensais qu’en étant suivie par un médecin je serai plus rassurée. Ce n’est pas le cas, bien au contraire.

Et une chose est sure, pour une prochaine grossesse, je veux étre suivie par une sage-femme (ou au moins un autre obstétricien si besoin que la grossesse soit médicalisée) et je veux me faire confiance.