Tu peux dormir bébé

Sujet sensible s’il en est un au début de la vie d’un bébé, le sommeil. C’est sans aucun doute la question la plus fréquemment posée « Alors, il fait ses nuits ? » (la seconde plus posée étant « Tu l’allaites ? »). Et depuis environ un mois, je peux répondre que oui, il fait ses nuits. Je ne voulais pas trop le dire au début, de peur de nous porter la poisse et que ce ne soit qu’une période qui prenne fin. Mais les nuits passent et se ressemblent, il dort.

En réfléchissant à l’écriture de cet article, je me suis dit que je n’avais finalement pas fait grand chose et que j’avais surtout un bébé carrément sympa de me laisser dormir (son père n’a jamais eu de problème, quand il dort, il dort et n’entend rien autour de lui (ce qui est très pratique quand j’ai la lubie de passer l’aspirateur à 7 heures du matin le dimanche (oui oui))). Mais en faisant la liste de ce que l’on fait, je me rend compte qu’il y a beaucoup de choses.

Dans la chambre d’abord. Depuis sa naissance, bébé dort dans un (sublime) berceau (en osier) dans notre chambre. On a fait le choix de ne pas faire de co-dodo, ayant trop peur de l’écraser pendant notre sommeil. Le chat s’incruste aussi régulièrement sur notre lit la nuit, et je n’aurais pas été sereine que l’on soit tous les 4 dans un si petit espace.

  • Son berceau est pour le moins déplumé (ou minimaliste), il n’y a qu’une gigoteuse et une sucette. Il y avait son doudou au début, celui avec la bola de grossesse dedans), mais bébé est plutôt agité des bras et avait peur du bruit quand il le touchait en pleine nuit. Je l’ai donc enlevé. Pas de mobile, pas de veilleuse, pas de boite à musique qui pourraient le stimuler alors que je veux qu’il se repose (on a un très gros curieux par ici)
  • J’utilise deux gigoteuses différentes, une en velours, plutôt épaisse quant il fait froid, une en lange Aden+Anaïs quand il fait chaud comme en ce moment. Et quand la température de la pièce est vraiment trop élevée, je le laisse seulement en pyjama.
  • Je ferme les volets le soir (je les baisse juste pour faire de la pénombre pour la sieste) et je n’allume pas la lumière (on allume celle du couloir pour voir que tout se passe bien).

Pour le rituel de coucher, ça commence bien avant le coucher. Environ 1h30.

  • Il prend son dernier biberon de la journée vers 20h30/21 heures. Pas de céréales ajoutées, pas de surplus de poudre. 180ml de lait pour l’instant. C’est un moment de calme et de partage entre lui et celui qui lui donne le biberon.
  • On le met ensuite en pyjama. Ca parait très bête mais c’est important, on change les vêtements, ou met un pyjama, c’est pour dormir la nuit.
  • Surtout, on lui parle, on lui explique dès ce moment là qu’il va bientôt aller se coucher.
  • Un petit tour sur la terrasse pour regarder les feuilles dehors et la lumière. Il adore ça. Et ça nous permet aussi un temps de latence entre la fin du biberon et le coucher, qu’il ait le temps de digérer un peu. Dans les bras de maman, dans les bras de papa, c’est le moment de faire des câlins et de sentir pour la dernière fois de la journée son odeur de bébé.
  • On le couche vers 22 heures, plus tôt si on repère des signes de fatigue, mais rarement plus tard. La seule fois où on l’a fait il avait le hoquet (et chez lui ça dure une bonne demi-heure) et il a fallu le temps que ça passe puis qu’on le calme, c’était pas terrible. On est attentif au moindre signe, il se frotte les yeux, baille à s’en décrocher la mâchoire, contemple le vide en étant absent, s’énerve pour un rien, chouine sans explication et sans étre consolable, c’est qu’il est fatigué.
  • on lui répète qu’on va dans le berceau, pour se coucher. On le met dedans et chacun on lui parle. Mon mari lui souhaite bonne nuit, lui dit à demain et lui fait un bisou. Je lui dis qu’il est l’heure de dormir, qu’on n’est pas loin et que s’il a besoin de nous il peut nous appeler, on viendra le voir. Bref, je le rassure puis lui souhaite bonne nuit et lui dis que je l’aime. Une caresse sur la joue, une main posée sur son torse. Je lui mets sa sucette s’il la veut (il a découvert il y a 10 jours qu’il pouvait mettre ses doigts dans la bouche) et je sors de la pièce. Je ne reste pas. Si je le fais, il sait que je suis là et pas moyen de dormir, il ne comprend pas que je sois à coté et que je ne m’occupe pas de lui.
  • On reste attentifs à lui même si on n’est plus là. S’il commence à chouiner ou à pleurer c’est que quelque chose ne va pas, des fois c’est simplement qu’il a lâché la sucette et il suffit de la remettre en place, des fois c’est plus important et je lui redis ce que j’ai dit en le couchant. Voilà.

Lorsque’il se réveillait la nuit pour manger, j’ai appliqué à la lettre le meilleur conseil qui m’a été donné : « la nuit, ne lui parle pas ». Le repas, le change éventuel et le couchage se font dans le silence et avec le moins de lumière possible (merci la veilleuse ourson Doudou et compagnie, elle est parfaite pour ça). Je parle beaucoup dans ma tête par contre. Je l’encourage à boire, je le félicite pour son rot et je lui dis qu’il peut dormir. Mais il ne l’entend pas. Il lit l’amour dans mes yeux, ressent la sérénité dans les câlins et le bercement (j’aurai du porter un podomètre histoire de voir le nombre de kilomètres que j’ai pu faire dans l’appartement la nuit).

Dès la semaine prochaine, il va intégrer son nouveau lit dans sa chambre. Ce rituel restera peut être le même, ou peut être pas. Il va sans aucun doute évoluer avec l’age de bébé mais les « principes » de base resteront les mêmes : expliquer, rassurer, aimer et faire confiance.

Cela fait un mois que bébé dors la nuit, de 22 heures à 7 heures le lendemain. Moi par contre …