(j’ai plusieurs fois commencé cet article. Puis je l’ai effacé parce qu’au final, j’aime pas m’embarrasser des choses mauvaises, je préfère voir le positif. Sauf qu’à chaque fois que quelque chose de négatif arrive, il se superpose à ce que j’ai essayé de mettre de coté et me met dans un état pire que la fois précédente. Je crois que j’ai besoin que tout ça sorte, et pas seulement en larmes sous ma douche. Promis, tout n’est pas aussi noir que je le raconte, c’est juste qu’aujourd’hui, ce soir, c’est l’état dans lequel je suis. Oui il le sait, oui on en a déjà parlé, non rien ne change vraiment, mais c’est comme ça)

Devenir parent, c’est une épreuve pour le couple. Tout le monde, le dit, tout le monde sait, mais on ne s’en rend vraiment compte que quand on y est … On le savait, je le craignais et les événements ne m’ont pas  donné tord.

Avec M. O’Maley, nous avons des caractères très différents, complémentaires souvent, aux antipodes des fois. Deux sujets nous oppose particulièrement, l’entretien de la maison et la réactivité. Ca peut paraître n’avoir aucun lien, et pourtant. Avant d’être avec lui, j’étais du genre maniaco-maniaque du rangement. Si ma tété est bien, mai maison est bien et si ma maison est bien, ma tête est bien. Chaque chose avait une place, mon sol était propre, mon linge toujours repassé et mon évier (quasi)toujours vide. La vie avec lui m’a fait évoluer sur ce pont, je peux être aussi exigeante avec moi, mais pas forcément avec les autres. Je lui ai confié la tache ménagère que j’ai toujours détesté, la vaisselle. Et j’ai continué à faire le reste et à ranger derrière lui (oui parce qu’enjamber tous les jours son sac posé au milieu du salon ne lui pose aucun problème).

Et je suis tombée enceinte. Par chance, je n’ai pas passé les premiers mois enfermés dans les toilettes. J’ai continué de tout faire, comme avant. Parce que ça ne me dérangeait pas au début, puis parce qu’il fallait le faire, et enfin parce que je n’avais pas le choix et que de toute façon il ne le faisait pas. Et il a l’excuse facile que je travaille majoritairement à domicile. Bah ouais, sur ma pause déjeuner je peux bien passer l’aspirateur ou faire tourner une machine hein ?

Et tout a continué et empiré avec le congés maternité. Ma thèse n’était pas ma priorité, j’étais tout le temps à la maison, et bébé ou non, je pouvais bien faire les taches ménagères. Toutes les taches ménagères (bon, ok, j’ai arrêté le repassage, à mon grand regret). quitte à passer tout mon temps à la maison, je préférais que le lieux soit agréable plutôt que de voir la montagne de vaisselle s’accumuler dans l’évier (oui parce que M. O’Maley ne fait la vaisselle que quand c’est nécessaire : quand il n’y a plus d’assiette, ni de bol, ni de casserole dans lesquels manger (oui, ça peut prendre une semaine, et non, ça ne le dérange pas). J’ai donc tout assumé dans la maison.

Oui mais voilà, on est 4 dans la maison (oui le chat compte). Il faut s’occuper de tout le monde, et je fais ça seule, parce que lui ne fait rien. Mettre une lessive en route ? « je sais pas faire ». Préparer son repas pour le midi ? « Tant pis, j’irai au resto », Laver les biberons ? « il y en a encore un de propre, ça va » (on a un biberon qui attend depuis 10 jours d’être lavé parce que le capuchon doit être caché sous le canapé, et que bon, c’est pas possible de laver s’il manque un bout).

Par contre, jouer aux jeux vidéos jusqu’à 3 heures du matin tous les jours, pas de problème.

Et moi dans tout ça ? Bah je subis, je désespère et je pleure (pas mal, trop sans aucun doute). Parce que toute la maison repose uniquement sur moi, la logistique, le ménage, la gestion de Chaton (il ne sait pas quoi faire non plus quand il pleure…). Je suis fatiguée. Pas trop physiquement, j’ai la chance IMMENSE que chaton dorme la nuit, mais émotionnellement. Je suis fatiguée de tout porter à bout de bras, fatiguée de ne pas trouver un moment pour moi. Fatiguée de devoir lui dire en détail chaque chose qu’il doit faire et qu’il l’oublie dans la seconde. Fatiguée de mon irritabilité permanente. Fatiguée de ne pas pouvoir faire du sport parce que je n’en ai pas le temps.

Ce qu’il s’est passé aujourd’hui ? La raison de cet article ? Je suis partie travailler avec les clés des 2 voitures. Je n’ai pas fais attention ce matin, j’étais en retard pour déposer chaton chez la nounou. Il n’a pas voulu  que sa mère vienne l’amener jusqu’au bus le plus proche (temps estimé: 5 minutes, plus 15 minutes de bus et 5 minutes de marche pour arriver jusqu’à son bureau). Par contre, j’ai du prendre sur ma pause déjeuner pour rentrer lui apporter les clés (temps pour ça : 1 heure). Ça peut paraître n’être rien. Mais c’est une goutte de plus dans le vase débordant de mes émotions.

Rien ne doit être clair dans cet article. J’en ai écrit la moitié sans voir mon écran, caché derrière un épais voile de larmes. J’avais besoin que ça sorte …

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6 réflexions sur “Je l’aime, je le déteste

  1. Je lis ton article et je compatis. On nous demande de gérer notre boulot, notre enfant, notre maison, notre mari et tout le reste. C’est épuisant et la plupart des tâches sont souvent peu gratifiantes et peu valorisées socialement.
    Ici c’est le manque de prise d’initiatives qui m’insupporte. Obligée de tout dire, de tout demander. Alors quand je demande c’est (presque) fait. Mais ça épuise de tout gérer.

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  2. C’est dur. Je te comprends complètement et comme je sais aussi que je ne peux rien faire pour toi d’ici, je vais me contenter de t’envoyer plein d’ondes de courage. Plein de pensées pour ton courage, ta force et ton organisation. Et pluie de câlins parce que ça fait du bien aussi.

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  3. Article très clair au contraire, c’est un article de décharge émotionnelle, un exutoire. Et tant mieux, heureusement que vous trouvez des moyens pour expulser toutes ses émotions au lieu de les entasser en vous bien profondément. Pleurez, criez, riez, râlez, écrivez, chantez, dansez si c’est nécessaire !
    L’idéal serait de remettre un peu de communication dans tout ça, car oui, accueillir un enfant ça chamboule l’équilibre du couple. Lui dire à quel point vous êtes fatiguée et que vous avez besoin de compter sur lui, de vous reposer un peu sur lui. Parce qu’il doit être votre soutien, une force, votre coéquipier.
    http://la-parenthese-psy.com/

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