Et reproduire le modèle familial

Il y a quelques mois, j’ai commencé à écrire un article intitulé « être enfant unique et vouloir une famille nombreuse ». Parce que oui, depuis petite, je veux plusieurs enfants. Au moins 3. Et pourtant, ce souhait est mis à (très) rude épreuve depuis quelques mois.

Petit retour en arrière : je suis enfant unique. Unique et solitaire. Parce que je suis arrivée tard. Mes cousins ont entre 9 et 17 ans de plus que moi. Toute une vie. Je n’ai jamais partagé véritablement avec eux avant mes 18 ans. J’étais enfant quand ils ont terminé leur apprentissage ou qu’ils ont eu leur bac. J’étais collégienne quand ils sont entrés dans la vie active. Certains ont eu des enfants. J’ai 13 ans de plus que ma petite-cousine. Je suis plus proche de la génération suivante que de la mienne. Et j’en suis loin en même temps. Je suis seule entre ces deux générations. J’en ai plutôt souffert étant jeune. Cela me dérange moins maintenant, nous avons un peu le même quotidien, le boulot et les factures à payer.

Si je suis enfant unique, ce n’est pas vraiment par hasard (et c’est pas faute d’avoir demandé à mes parents. J’ai capitulé quand j’avais 6 ou 7 ans, je me rendais bien compte qu’ils étaient trop vieux pour un autre enfant (oui, l’ingratitude des enfants sur l’age des gens qui ont plus de 20 ans)). Ma maman a du assumer seule la maison, moi, le quotidien, le ménage, les courses et aider mon père dans son boulot. Avoir un deuxième enfant dans ces conditions n’était pas envisageable pour elle.

J’ai toujours rêvé d’une grande famille, de cousinades dans  une grande maison, beaucoup de monde autour de la table, de fous-rires et de souvenirs.

Oui, mais la réalité est différente : je suis fille unique, mon mari a un frère qui vit au Canada. Nos enfants, même s’ils ont des cousins, se retrouveront finalement assez seuls. Et mes cousins/cousines n’ayant pas vraiment eu l’envie d’avoir des enfants, cela ne fait qu’amplifier la solitude. Alors je  voudrais bien avoir plein d’enfants. Mais pour ça, il faut du temps, de l’argent (maintenant ou pour plus tard, les études coûtent cher quand même) et une sacrée organisation.

Et c’est là que le bas  blesse (ouais, OK,sur tous les autres points aussi, mais je suis sure que ça peut se régler) (ouais, l’organisation aussi, mais ça va VRAIMENT être compliqué pour  M. O’Maley …).  Et qu’on en revient à la reproduction du modèle familial…

L’idée de famille nombreuse et de grande tablée m’a quitté cet été. Remise de mon accouchement, en pleine perspective de la fin de mon congé maternité, j’ai d’un coup plein de plein fouet la réalité dans laquelle je suis, et sans doute dans laquelle je me suis mise aussi. Comme ma maman avant, j’assume tout à la maison. Seule. Pas faute d’avoir un mari. Mais il a du travail. Et ses jeux vidéos.

L’ambiance à la maison est plutôt mauvaise en ce moment. Beaucoup d’incompréhension, pas mal de rancœur. Et finalement, une solution trouvée, pour être plus calme. elle va vous paraître étonnante, mais je vais me faire poser un stérilet (oui oui, je suis la nana qui veut plein de gosses mais fait tout pour ne pas en avoir). Ca va me permettre de tempérer les choses. De régler ce qui doit l’être, sans me dire que pour avoir des enfants pas trop éloignés en age (environ 2 ans quoi) il faut qu’on envisage le prochain bébé dès cet été. Je ne suis pas prête, ni dans mon corps, ni dans ma tète, ni dans notre logistique. J’ai besoin de plus de temps pour que les choses se passent au mieux, et peut étre un jour, ne pas reproduire ce schéma familial.

EDIT : Ecrire un article en plusieurs fois, c’est vraiment l’horreur, j’arrive pas à retrouver ma logique … c’est sans doute brouillon …

EDIT 2 : Ca va mieux depuis 1 semaine. La prise de cette décision et les premiers vrais efforts de M.O’Maley (au bout de presque un an) me font beaucoup de bien.

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