Se retrouver à un, à deux, à trois

En devenant parent, on en oublie souvent le couple qu’on était avant. Le quotidien qui change, le rythme qui évolue en permanence, le linge sale qui s’entasse et on se retrouve noyé sous les tâches du quotidien.

Alors que j’étais encore enceinte, je disais à tout le monde « le jour où chaton fait ses nuits, on le laisse aux grands-parents un week-end et on part tous les deux ». Il a fait ses nuits à un mois et demi (oui, je sais, j’ai beaucoup de chance).

Notre départ à deux ? Un an plus tard. Ouais, ça a été bien moins facile de le laisser que ce que j’avais imaginé. Mais on l’a fait.

On a passé deux jours loin de notre sud-ouest, pour rejoindre Berlin. Je connaissais déjà cette ville fascinante et ça a été un réel bonheur que d’y retourner et de la faire découvrir à mon mari.

Et sans se rendre vraiment compte, on multiplie les moments à un, à deux et à trois.

A un, quand il est gardé par l’assistante maternelle un jour où je ne travaille pas. J’en profite pour faire les courses et le ménage mais aussi un peu de lèche vitrine ou pour lire un livre en journée. Lui profite de soirées (ou de nuits) jeux avec ses amis ou part en stage d’aïkido pour un week end.

A un aussi les soirs où mon mari reste à la maison avec chaton pendant que je suis à mon cours de danse. J’ai besoin de lien social, de voir d’autres personnes. Je ne suis pas là deux soirs par semaine. Mon mari deux autres soirs. Et ce rythme nous convient plutôt bien.

A deux, ces mêmes moments, où chaton profite exclusivement d’un de ses parents. Jeux différents, mots différents, câlins différents.

A trois, c’est sortir du quotidien ménager. C’est faire une ballade ensemble. C’est regarder les autres enfants jouer dans l’aire pas loin de chez nous. C’est trainer au lit en pyjama le dimanche matin. C’est se faire des chatouilles et se faire rire.

Profiter de ces moments, c’est aussi (et surtout) apprendre à lâcher prise. A ne plus maitriser l’état de la maison et le temps qui passe. C’est le regarder grandir aussi, et c’est tellement important.

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Réflexions d’hier

Je voulais écrire cet article hier. Je n’ai pas eu le temps, comme trop souvent en ce moment. Mais c’est important, ça m’a interpellé. Je n’ai rien osé dire, c’était délicat.

Hier, nous sommes allés aux bébés lecteurs avec #chaton. Nous étions 2 mamans et 3 assistantes maternelles avec une dizaine d’enfants. C’est le comportement d’une des assistantes maternelles qui m’a choqué et dérangé.

Elle a passé l’heure à s’agacer sur un de ses petits. La raison ? Le slowlife semble être son mode de vie. Moi j’ai trouvé ça assez rigolo. Toute cette agitation qui glisse sur lui. Le temps n’avait pas de prise, il observait, c’est tout.

Elle n’a pas arrêté de lui dire qu’il était passif, qu’il ne faisait vraiment rien, qu’il ne mettait aucune volonté à faire les choses (mettre ses chaussures et son manteau). Sa voix était agressive, son attitude oppressante. Elle habillait une plus petite mais continuait de râler sur lui parce qu’il ne mettait pas ses chaussures.

C’est une professionnelle de la petite enfance. Elle s’occupe de jeunes enfants tous les jours depuis des dizaines d’années (elle est proche de la retraite, peut étre un peu trop). Je ne comprends pas qu’on puisse agir de la sorte avec un enfant. Elle est en train de complètement flinguer son évolution dans la vie. Elle le rabaisse, lui enlève chaque once de confiance en lui. Il n’avait pas l’air heureux, presque abattu. Il n’a que 3 ans…

J’ai assisté assez impuissante à cette scène. Je n’ai rien pu/voulu dire. Les enfants  étaient là, les autres assistantes maternelles qui la connaissent, et surtout, je n’ai pas vu cette « relation » plus d’une heure. On a tous de mauvais jours, ceux où ça va moins bien et où on est plus irritable. Et on n’est pas beaux à voir dans ces moments là.

J’espère que ce n’était qu’un de ces moments là.

Il n’a pas eu 10 mois

Pas de panique à la lecture de ce titre, il est en pleine forme. C’est jute que chaton est né le 30 et que le mois de février à 28 jours, on n’a donc pas « fété » ses 10 mois.

Je ne voulais pas faire d’article mois par mois sur l’évolution de chaton. Mais il s’est passé pas mal de choses depuis ses 9 mois (moins 2 jours, et je trouvais ça sympa de vous en parler).

Il a maintenant 3 dents et une qui se fait attendre (et l’embête) depuis 1 mois. D’autres vont suivre de très près.

Il marche de plus en plus à quatre pattes.

Il se met debout partout et tout le temps. Le canapé bien sur, la baignoire (son endroit préféré, dehors et dedans), la barrière de sécurité de la cuisine, devant la machine à laver …

Il s’aide de sa chaise haute (un modèle ancien (vieillot) à roulettes) pour faire quelques pas.

Cette indépendance pour se déplacer fait qu’il est aussi beaucoup plus calin, il vient tirer nos pantalons pour  qu’on le prenne pour faire un calin.

Il fait « nooooon » de la tète avec beaucoup d’application, et adore quand je le fais les cheveux attachés et qu’il peut les voir bouger d’un coté à l’autre de la tète.

Il se fait des chatouilles à lui même pour rigoler.

On  fait de superbe duo de chant à base de tatatatataaaaa

Il sait déclancher seul les livres musicaux en appuyant sur les pastilles.

Il s’habille en 9, 12 et 18 mois,rien que ça.

9 mois moins 2 jours

Je pense que tout le monde a déjà écrit cet article. « 9 mois dedans, 9 mois dehors », tout ça, tout ça. Pour nous (chaton est un peu (beaucoup) dans l’histoire quand même), ça n’a pas duré 9 mois, mais 9 mois moins 2 jours. Il était prévu pour le 2 mai, il est arrivé le 30 avril.

Je n’ai pas posté d’article mensuel sur ses évolutions, je ne me sentais pas capable d’écrire la dessus chaque mois. Ca m’aurait un peu trop fait penser que le temps passe très vite et  je me serai mis la pression chaque mois pour écrire cet article alors que je n’en avait pas le temps ou l’envie. C’est déjà compliqué de gérer l’emploi du temps pour aller chez le pédiatre tous les mois, alors un article … c’était prendre le risque de le sortir le 21 de chaque mois, ce qui n’a donc plus d’utilité ni d’actualité.

Cette fois-ci j’essaie de faire les choses bien et de publier cet article en temps et en heures (il est 18h30, ça devrait le faire).

9 mois moins 2 jours dedans :

3 jours avant d’accoucher, je vous disais que ma grossesse avait été géniale (juste là : ma merveilleuse grossesse) et que tout s’était très bien passé. Aucune contraction jusqu’au début du travail, à 18h30 j’avais même dis à une copine qu’il serait sans doute en retard tellement mon utérus était calme. 7 heures plus tard, les premières contractions se faisaient sentir et 13 heures encore plus tard, je tenais mon bébé dans mes bras. L’accouchement a été sportif, un peu compliqué mais tout s’est finalement bien passé. Et un petit bonhomme de 53 cm et 3,360 kg venait se loger dans mes bras.

9 mois moins 2 jours plus tard (et donc dehors), Chaton est un bébé parfait. +20 cm et +5 kg au compteur. Il règne désormais un joyeux bordel dans mon salon, traversé par un asticot très (trop) rapide qui cumule 3 envies, mettre les doigts dans la prise, manger les croquettes du chat (son obsession du moment) et sortir les classeurs de ma thèse.

S’il est un amour et carrément facile à gérer au quotidien, les choses ne sont pas toutes roses pour moi. Oui, il est en très bonne santé et dort la nuit depuis qu’il a un mois et demi. J’adore étre mère, je ne changerai jamais ça (comme si je le pouvais), mais les changements dans ma vie ont été bien plus importants que je le croyais. Mon indépendance me manque, la responsabilité d’avoir quelqu’un qui compte sur vous et ne peut se débrouiller seul me donne le vertige. Est-ce que j’en suis capable ? 9 mois plus tard, je sais que oui, bien sur, mais je me pose toujours autant de questions sur ma capacité à lui apporter ce dont il a besoin. Je crois que c’est ça, être parent. J’ai aussi récupéré tous mes kilos d’avant grossesse (oui, j’aime bien faire les choses à l’envers), je n’ai pas le temps de faire de sport, je n’ai pas le temps de travailler sur mon pus gros projet personnel (450 pages sur un sujet juridique, ça donne envie hein ?), je n’ai plus aucun ami à moins de 3 heures de route de chez moi (je vous raconterai un jour le combo thèse-mariage-parentalité sur la perte des amis un jour, vous verrez, c’est passionnant).

Allez, j’arrête de parler de mes problèmes, il est en super forme, et c’est bien tout ce qui compte non ?

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EDIT : Qui est ce qui vient de se mettre debout à l’aide du canapé et veut écrire à ma place ? gimk (chaton quoi)